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Le Carillon de la Cathédrale

 
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Laurent Pie
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A partir du XIVe siècle, chaque cloche fut pourvue d'un marteau articulé, relié par câble à l'une des touches d'un gros clavier que le carillonneur frappait à coups de poing. Les modèles les plus importants étaient même munis d'un pédalier. Ainsi l'humble sonneur finit-il par se doubler d'un virtuose, voire d'un improvisateur, à l'occasion des fêtes carillonnées.

Un phare dans la ville

De tout temps, et quels que soient leurs formes et leurs matériaux, les cloches ont été utilisées pour appeler, avertir, informer, communiquer. Puis, la conjonction de plusieurs d'entre elles a permis de créer une musique.

A l'heure du son numérique et du déferlement de musiques de toutes sortes, la vibration des cloches conserve une place remarquable dans la vie de chacun.

En premier lieu, lorsqu'on évoque les cloches, on entend celles qui, lancées à la volée, résonnent de leur toute puissance dans les clochers de nos églises et cathédrales.

L'art religieux et l'art campanaire ont toujours été étroitement liés. On n'installe pas de cloches à posteriori dans une tour d'église, mais on conçoit les structures de cette tour, en disposition et en solidité, afin qu'elle puisse devenir clocher. Les mouvements des cloches et leurs vibrations imposent en effet des contraintes dans la réalisation des constructions qui doivent les accueillir.

La France campanaire

La France est un territoire d'une culture campanaire millénaire, à l'origine essentiellement religieuse, puis qui s'est développée conjointement dans le domaine laïc, dès la création des communes et la construction des beffrois.

Imprégnés des traditions et modes de vie locales et régionales, ces ensembles campanaires ont généré le développement de pratiques instrumentales par lesquelles ils se sont intégrés dans les cités et y sont devenus des voix vernaculaires.

Dans ses différentes formules instrumentales, l'ensemble de cloches, et en particulier le carillon, qui informe, prévient, rassemble, alerte, fête, donne les repères de temps, est resté l'un des premiers acteurs de la cohésion sociale d'une cité et en même temps, l'un des éléments les plus remarquables d'identification de cette cité.

Le carillon

Le carillon est un instrument composé d'un nombre de cloches lui permettant l'interprétation de pièces musicales des plus variées. Si, étymologiquement, le terme de carillon peut être rapproché de celui de «quadrillon» qui désigne, historiquement, un ensemble de quatre cloches, l'art du carillon n'a pu se développer que par l'existence d'ensembles campanaires plus importants, offrant des possibilités musicales très élargies.

La Fédération Mondiale du Carillon n'admet d'ailleurs de décerner le vocable de « carillon » qu'aux instruments dotés d'au moins 23 cloches.

Dans ce domaine, la France présente un parc très important d'instruments (56 répertoriés) . On compte en effet,sur le territoire, 30 instruments possédant de 23 à 45 cloches, 19 instruments dotés de 46 à 59 cloches (dont celui de Perpignan) et 7 grands ensembles de 60 cloches et plus, le plus imposant d'entre eux étant le carillon de Chambéry avec ses 70 cloches.

De l'accroissement du nombre de cloches d'un même instrument est né le besoin de concentrer les commandes vers ces cloches, grâce à un dispositif de transmission reliant le carillonneur et ses campanes, ainsi que la nécessité de créer un modèle de clavier spécifique .

On situe vers le début du XVIè siècle, en Flandre, la naissance du premier clavier de carillon (1510). Depuis cette époque, la structure du clavier a évolué dans la perspective d'apporter à l'exécutant une plus grande facilité de jeu, une manipulation plus homogène et confortable ; mais le principe de base est resté le même : le carillonneur obtient le tintement des cloches en frappant les touches de son clavier à l'aide des poings (d'où le vocable de « clavier à coups de poings »), ces impulsions se transférant aux battants de ces cloches par l'intermédiaire d'un dispositif de transmission composé de tiges métalliques, d'équerres de renvoi et d'abrégés (comme sur l'orgue).

Le carillonneur

On joue du carillon avec les mains, mais aussi avec les pointes des pieds, sur un pédalier composé de touches plus larges et concernant davantage les cloches les plus graves.

Jouer du carillon est tout d'abord un acte musical permettant l'interprétation de pièces appartenant à des répertoires variés, grâce à un instrument à percussion aux possibilités sonores très riches. C'est aussi un engagement physique important sur un clavier d'une manipulation parfois assez lourde eu égard aux spécificités même de l'instrument (masse des battants à déplacer, longueur de transmission entre clavier et cloches..). D'autre part, comme à l'orgue, l'utilisation du pédalier impose une indépendance des mouvements entre mains et pieds.

Sources : Fiche type d'inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France : « Culture du carillon»

   

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